Retourner au bureau ? Certains salariés ne veulent plus en entendre parler

Sondage : Une enquête menée auprès de 3 500 salariés américains révèle que certains d’entre eux seraient prêts à renoncer à 50 % de leur salaire pour pouvoir continuer à télétravailler de manière complète.

Les employés sont très réticents à l’idée de retourner au bureau, à tel point qu’une nouvelle enquête suggère que de nombreux travailleurs préféreraient sacrifier une partie de leur salaire ou renoncer à leurs congés payés s’ils n’avaient plus jamais à y mettre les pieds. Les salariés hésitent même tellement à retourner au bureau que 61 % des personnes interrogées affirment qu’elles seraient prêtes à accepter une baisse de salaire en échange de la possibilité de télétravailler de façon permanente. Certains ont même suggéré qu’ils sacrifieraient jusqu’à 50 % de leur salaire actuel pour le faire.

Une enquête menée par le site GoodHire auprès de 3 500 salariés américains révèle que certains d’entre eux seraient prêts à renoncer à 50 % de leur salaire, ainsi qu’à d’autres avantages comme les congés payés, pour pouvoir continuer à bénéficier du télétravail. Si la plupart des personnes interrogées ne sont pas prêtes à accepter une baisse de salaire aussi importante pour continuer à télétravailler, la réponse la plus fréquente à cette question était une réduction de 10 % du salaire.

Pourtant, les salaires ne sont pas la seule chose à laquelle les employés sont prêts à renoncer en échange du télétravail : 70 % des personnes interrogées dans le cadre de cette étude ont déclaré qu’elles renonceraient volontiers à des avantages tels que certains congés payés pour s’offrir le droit à du télétravail perpétuel.

Des salariés conquis par le télétravail

Les résultats de l’étude menée par GoodHire suggèrent que les employeurs ont du mal à convaincre les travailleurs de retourner à leur bureau après que beaucoup d’entre eux ont passé les 18 derniers mois à télétravailler. Et si le télétravail n’est pas sans poser de problèmes, beaucoup de salariés estiment qu’il leur offre la flexibilité nécessaire pour concilier leurs autres responsabilités, leur vie personnelle et leur travail, sans compter qu’il leur évite le stress et les frais liés aux déplacements vers un bureau cinq jours par semaine.

Un certain nombre d’entreprises élaborent actuellement leurs plans de réouverture des bureaux, et si certaines sociétés ont introduit des options permanentes de télétravail, d’autres, dont Google, ont suscité la controverse en suggérant que ceux qui décident de ne pas retourner au bureau à plein temps pourraient subir des réductions de salaire. Le géant américain se justifie en indiquant que si un employé ne fait plus la navette entre son domicile et son bureau et qu’il travaille potentiellement dans une zone à faible revenu, ses frais de subsistance sont moins élevés et son salaire doit donc être ajusté en conséquence.

Selon l’étude menée par GoodHire, les salariés ne se laisseront pas forcer la main pour revenir au bureau : 45 % des travailleurs américains interrogés ont déclaré qu’ils quitteraient immédiatement leur emploi ou commenceraient à chercher un nouvel emploi à distance s’ils étaient contraints par leur employeur à retourner au bureau à plein temps. Près d’un quart des personnes interrogées déclarent même qu’elles démissionneraient immédiatement si leur patron leur imposait un ordre de retour au travail.

Vers une nouvelle rotation des effectifs ?

Cette situation pourrait poser des problèmes aux entreprises qui cherchent à augmenter – ou même à conserver – leurs effectifs techniques dans un contexte de pénurie croissante de compétences dans le domaine très demandé du numérique. Selon une récente enquête de CWJobs, moins d’un tiers des travailleurs du secteur technologique prévoient de rester chez leur employeur actuel au cours des 12 prochains mois. Une étude menée en mai par Personio, une société de logiciels RH, a révélé des résultats similaires : selon cette étude, 38 % des spécialistes britanniques et irlandais du numérique prévoient de changer de poste cette année.

Les conclusions de GoodHire font également écho aux recherches menées ce mois-ci par PwC, selon lesquelles 65 % des employés sont actuellement à la recherche d’un nouvel emploi, contre 36 % en mai. Selon l’étude, le taux de rotation des cadres est également plus élevé que d’habitude.

Pour Max Wesman, directeur de l’exploitation de GoodHire, les travailleurs du secteur technologique sont en position de force pour négocier leurs options d’emploi. « Notre enquête montre que de nombreux salariés sont prêts à accepter des réductions de salaire et que certains sont même prêts à renoncer aux avantages sociaux pour avoir le privilège de travailler n’importe où. Heureusement pour eux, l’environnement économique actuel montre qu’ils peuvent avoir le beurre et l’argent du beurre », affirme Max Wesman à ZDNet.

Source : ZDNet.com

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