Chromebook : La confusion règne après la suppression de la suite Office native par Microsoft

Stratégie : Si les relations compliquées entre Google et Microsoft ont contribué à la médiocrité de la version web d’Office, une version PWA pourrait combler ce fossé.

Lorsque Bill Gates a fait son apparition à distance à la Macworld Expo, en 1997, pour annoncer que Microsoft investirait dans Apple, il a apaisé la crainte que Microsoft cesse de prendre en charge Mac pour Office, la bouée de sauvetage de l’interopérabilité de la plateforme dans de nombreuses entreprises. Si Microsoft en avait décidé autrement – et même si Apple n’était pas en si grande difficulté à cette époque – il est difficile d’imaginer que la marque à la pomme aurait réagi positivement à cette nouvelle.

Près de 25 ans plus tard, la direction de Microsoft a jeté un pavé dans la mare en décidant de retirer la prise en charge des applications Office natives de Chrome OS, orientant plutôt les utilisateurs de Chrome OS vers les versions web d’Office. Une nouvelle qui a paradoxalement suscité des réactions positives du côté de Google.

Pour mieux comprendre ce qui a conduit Microsoft à prendre cette décision saluée par Google, il est utile de revenir sur quelques mesures prises par Google il y a quelques années et sur la réaction de Microsoft à ces mesures. La première était la stratégie inefficace de Google en matière de tablettes. Alors qu’Apple encourageait les développeurs à développer des interfaces utilisateur pour l’iPad, Google s’est concentré sur la mise à l’échelle des interfaces du smartphone à la tablette et au-delà.

Stratégie payante pour Google

Cependant, cela a conduit à un scénario de la poule et de l’œuf, dans lequel les tablettes Android exécutent des applications sous-optimales. Résultat des courses : si Samsung et Lenovo restent présents sur le marché des tablettes Android, les Chromebook sont devenus le système d’exploitation de bureau de prédilection de Google, et un choix de tablette plus attrayant, en partie grâce à l’amélioration de la compatibilité des applications Android de Chrome OS.

Mais cette compatibilité comporte quelques bizarreries et incohérences. Par exemple, si le navigateur Chrome natif de Chrome OS peut faire pratiquement tout ce que son homologue Mac ou Windows peut faire, les versions Android prises en charge de navigateurs tels que Edge et Firefox ne sont pas aussi performantes que leurs homologues de bureau. Dans certains cas, la version web d’un service surpasse la version applicative. D’un autre côté, il existe des applications telles que Venmo qui ne permettent pas les paiements – sa fonction principale – via son site web.

Google a peut-être pris le mauvais chemin avec son approche des tablettes Android, mais il a été bien plus avisé dans le développement de ce qui était à l’origine Google Docs, puis G Suite, et maintenant le cœur de Workspace. Ce qui manquait à la suite en ligne, par rapport à la profondeur de Microsoft Office, elle le compensait par un accès gratuit et, en particulier, par des fonctions de collaboration.

Microsoft forcé à innover

Microsoft a répliqué avec une version allégée de son produit phare, Office Online. A ce jour, l’entreprise n’a pas fait grand-chose pour faire progresser la version web d’Office (l’ajout de la prise en charge de la dictée Word étant une exception notable), bien qu’une partie de cette situation puisse être due à la nécessité – désormais résolue – pour le géant américain de relier les moteurs de rendu Edge et Chrome. Reste que la version web d’Office est dépourvue de plusieurs avantages de la version mobile qui fonctionnait sur Chrome, notamment la facilité d’accès hors ligne. En proposant uniquement la version web d’Office, Microsoft a troqué l’optimisation de l’interface contre la fonctionnalité.

Bien que Google reste un champion du web, son approbation de cette démarche aurait eu plus de sens aux premiers jours de Chrome OS, lorsque le système d’exploitation était un temple de la pureté du web, qu’aujourd’hui, où il prend en charge les applications Android, les applications Linux et plusieurs façons indirectes d’exécuter Windows. Par conséquent, bien qu’il n’y ait aucune mention de tels plans dans la déclaration de Microsoft ou dans la réponse de Google, l’implication claire est que Microsoft va aller de l’avant sur la version web longtemps négligée d’Office.

Compte tenu notamment de la prise en charge des Progressive Web Apps par Google et Microsoft (Google a mis à disposition sa nouvelle application Cursive pour Chromebook, adaptée aux stylos, sous la forme d’une PWA), l’avenir de la version web d’Office (et des applications Workspace) pourrait être constitué de PWA. Microsoft expérimente une telle version sur Windows depuis l’automne dernier. Pourquoi, alors, Microsoft retirerait-elle la version Android d’Office de Chrome OS sans encourager une telle migration sur Chrome OS ? Quoi qu’il en soit, quelles que soient les prochaines étapes pour Office sur le web, il semble que Google a une idée suffisamment précise de la feuille de route de Microsoft pour l’approuver.

Source : ZDNet.com

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